fUGUE POUR VISAGE
poème publié aux éditions maelstrÖm reEvolution, mars 2025
Il y a d’abord l’effondrement d’Atlas ; son dos qui cède, les formes qui se confondent, le mythe qui se déchire. Le poème vient ensuite. Il se fraie dans cette brume. Il cherche comment dire un monde en mue, des paysages devenus illisibles, des lieux sortis des limites de leurs noms. Il travaille dans les ornières creusées entre les mots et les choses. Dans les écarts, les vacances. Il lutte entre l’obsolescence de la langue qui a été apprise et l’opacité d’un monde indicible. Il oscille.
Ce faisant, il ouvre la langue à la possibilité de dire sans nommer, sans fixer. D’approcher les choses par leurs mouvements plutôt que par leurs contours. De ne pas trancher. Il suit le chien noir qui sait aller du royaume des morts à celui des vivants. Il prend le parti du trouble. Il revendique une langue capable d’accueillir l’indécision, la précarité des choses ; de faire avec les forces qui travaillent constamment l’état du monde et auxquelles nous appartenons.
La photographie de couverture a été réalisée par Caroline Diaz.